Le MAROC ORIENTAL

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Hélas, en raison d'un problème de format avec mon nouveau téléphone, je ne peux illustrer cet article avec des photos.  J'espère pouvoir résoudre le problème et le faire plus tard ...

 

Du samedi 20 décembre au 1er janvier 2026

 

Partie de Saint Jean d’Angély à 11h30, je fais route vers Villeneuve sur Lot où j’assiste depuis ma fenêtre à un fort beau feu d’artifice, point d’orgue des festivités de Noël.

 

Le lendemain, visite du Musée Ingres Bourdelle de Montauban, situé dans un bel hôtel en brique dominant la rivière, on y trouve des toiles d’Ingres (et son violon) et de ses contemporains, ainsi que des sculptures de grande taille de Bourdelle. Ces deux artistes sont natifs de Montauban. Le centre ville ancien est très agréable et mérite une balade.

Le soir je trouve refuge auprès de la belle Abbaye Saint Benoît D’en Cancat à Dourgne aux pieds des Montagnes noires. Elle accueille une soixantaine de moines !

 

Le lundi, plein sud, vers l’Espagne, où j’atteins Figueras. Pas de visite du Teatro Museo de Dali cette fois…

 

Le mardi midi, Lee et Tristan viennent me chercher à Caldes de Montbui où le fourgon va prendre ses quartiers pendant mon séjour à Barcelone. La semaine va passer vite, de visites (dont une belle exposition Sorolla) en festivités familiales. Il pleut beaucoup. Le premier janvier, j’embarque sur un ferry qui va me mener en 27 heures à Nador, à l’est du Maroc. Temps beau, mer belle.

 

Vendredi 2 janvier

 

Après un débarquement des plus bordéliques, je rejoins la ville de Nador où je déjeune le long de la mer, il fait très doux.

Le soir, je rejoins la petit ville balnéaire de Kariat Arkmane où je passe la soirée et la nuit à côté de la plage où reposent de petits bateaux de pêche bleus.

Un « auxiliaire » de la police (c’est ainsi qu’il se définit lui-même) frappe vers 20 h et prend une photo de mon passeport … plus tard, la police fait des rondes mais ne me dérange pas ! Nuit calme avec une lune pleine qui se reflète dans les flots.

 

Samedi 3 janvier

 

Temps voilé ce matin. Quelques petits bateaux ont pris la mer. Je prends un route nationale vers l’est puis oblique à droite sur une petite route qui tournicote, monte et descend les collines assez arides. Dommage, qu’on ne puisse s’arrêter pour prendre une photo car le paysage me plaît beaucoup.

Je roule jusqu’à Berkane où j’achète des légumes et des clémentines (la grosse production de la région) à un marchand de rue et fais une visite décevante à Carrefour (qui ne vend que des bières sans alcool ! Il est presque 13h déjà, mais je continue la route plein sur sur la nationale 17 qui s’enfonce dans le désert. Le vent est très fort, le paysage plat et aride, avec des cultures fruitières ça et là. Comme je traverse des collines, des fortes averses se mettent à tomber.

Les gendarmes et policiers sont partout présents, surtout aux ronds-points et arrêtent certains véhicules. Un gendarme me fait signe de me garer pour … me souhaiter la bienvenue au Maroc et un bon voyage !

 

Arrêt déjeuner tardif à Aïn Benomathar sur un parking … enfin un endroit où se garer ! - où, après une accalmie, la pluie redouble. La prochaine ville est à 175 km environ. Park4night signale à 65 km une ancienne aire de repos où l’on peut passer la nuit.

Je décide de tenter ma chance et m’enfonce dans le désert plat et pierreux. La terre est ocre ou rouge. La route est étroite et souvent raccourcie par des coulées de sable.

Les averses se suivent, entre de brèves accalmies. Tout à coup, l’essuie glace gauche fait le fou et ne fonctionne plus !! C’est bien ma chance, pas d’arrêt possible et il me reste environ 25 Km … et bien, on peut rouler sous la pluie sans essuie-glace ! Ce n’est certes pas confortable mais avec prudence on y arrive ! De toute manière, il n’est pas possible de s’arrêter sur cette route étroite et les bas côtés en sable me semblent beaucoup trop propices à un enlisement qui n’arrangerait en rien mes affaires ! Le vent se lève et le sable traverse la route à toute vitesse !!!! Enfer et damnation ! Enfin, j’arrive sans encombres sur cette aire de repos en grande partie ensablée. Il y a un camion et une famille qui m’accueille autour d’un petit feu à l’abri du vent. Quel réconfort ! Ces gens habitent des bâtiments abandonnés. Comme, ils ne parlent pas français et comme je ne parle pas arabe, les échanges sont limités mais la chaleur humaine est palpable.

Dans la soirée, le vent redouble et il ne fait pas chaud ! Mais comme je suis contente d’être là !

 

Dimanche 4janvier

 

Beau lever de soleil sur le désert. On démonte l’essuie-glace droit qui s’est cassé net (comme le gauche à l’automne 2024 à Angoulême) et a bloqué le gauche. Avec le bon essuie-glace valide, j’envisage la route avec sérénité !

Je prends congé de mes hôtes sympathiques et continue la nationale 17 qui traverse un désert rouge dont la platitude qui paraît infinie est rompue par des collines arides.

On aperçoit au loin des tentes bédouines de temps en temps et de petits troupeaux de mouton. Des tentatives de reboisement sont entreprises et s’il continue à pleuvoir comme ces dernières semaines elles pourraient réussir.

Je prends un monsieur en stop et juste avant Bouarfa, je suis vraiment arrêtée par la gendarmerie royale qui me reproche d’avoir franchi une ligne continue pour doubler une petite moto (ce qui est vrai car l’engin louvoyait dans le vent et ça me paraissait plus sage) et m’annonce une amende de 400 mad (environ 40 €) à régler immédiatement. En fait, le gradé qui écoutait sourit et me fait signe de partir !

A Bouarfa, je me rends à l’hôtel Clim Oriental, où je me gare à côté de la piscine, protégée du vent par le bâtiment technique. Je parle avec l’hôte de ma mésaventure d’hier et il me dit avoir eu exactement le même problème la veille avec sa mercedes !! Il va appeler un ami mécanicien pour savoir s’il peut se procurer l’essuie-glace qui me manque. En fait, le mécano va essayer de faire une réparation de dépannage … à suivre.

Balade dans la ville entre deux averses. Bouarfa doit sa prospérité à des mines de manganèse. Il y a de grandes avenues qui semblent se perdre loin dans le désert. La ville ancienne se cache derrière des murs percés de petites portes. Tout est plutôt propre. Il y a un matche de foot et tous les cafés sont remplis par des hommes de tous âges. Je n’ai pas trop envie de m’y arrêter.

Le mécano est venu vers 19h avec un vieil essuie-glace de marque indéterminée qu’il a bricolé afin de le remonter et que l’ensemble fonctionne. Bravo !

 

Lundi 5 janvier 2O26

 

Grand soleil ce matin ! Vers 11h, je lève le camp et prend la nationale 4 qui descend plein sud vers Figuig.

Grâce aux pluie récentes, le désert est un peu vert par endroit. Ca et là, des tentes très basses sont plantées, de préférence près d’un point d’eau et on aperçoit des bergers et leur troupeau de mouton. Je distingue 3 petites écoles qui doivent accueillir les enfants des bédouins. Su les quelques 110 km, je croise à peine 10 véhicules.

Des montagnes apparaissent et à la sortie d’un col, apparaît brusquement l’oasis de Figuig en contrebas. Elle est située sur un plateau à 900 m d’altitude qui domine le désert.

Déjà à une quinzaine de km de là, des palmiers se dressaient dans des coulées vertes.

La ville est aménagée en 7 ksars (villa ou quartier indépendant) et de grandes avenues la traversent. C’est plutôt propre.

Après le déjeuner, je fais une balade à travers Figuig endormie. Je croise Mohammed, celui que je désirai rencontrer car il fait des visites de la palmeraie renommées sur Park4night. Il m’invite pour une tasse de thé et des beignets. Avec le couple de hollandais, vu la veille à Bouarfa, on convient de se retrouver demain à 10h !

En attendant, on prend un apéro bavard en langue batave !

 

Mardi 6janvier 2026

 

La nuit fut très calme, ponctuée de quelques averses, mais ce matin le soleil brille ! Mohamed arrive un peu après 10h et nous nous dirigeons tous les 4 vers le plus grand ksar de Figuig qu’on découvre en vue panoramique.

 

Mohamed nous entraîne dans les ruelles étroites où se glissent vélos et moto-cargo. Certaines sont entièrement couvertes, mais il y a des puits de lumière et d’air régulièrement. Les mosquées sont bâties au milieu de ce réseau de petites rues aux plafonds de bois de palmier et de tiges de laurier. On visite même un hammam pendant son ouverture réservé aux dames (il n’y en a aucune heureusement).

Les maisons ont généralement deux portes d’entrée, certaines sont très anciennes.

C’est vraiment surprenant, très calme, les gens nous saluent chaleureusement. On ne pourrait découvrir tout cela sans un guide.

 

Ensuite, on arrive à la palmeraie divisée en jardins fermés par des murs de briques en terre façonnées à la main. Le réseau hydraulique est impressionnant, des canaux couverts ou à l’air libre servent tous les jardins depuis de grands bassins. Tout est très organisé et le « maître de l’eau » attribue à chaque famille un horaire précis et une durée limitée pour ouvrir les vannes et bénéficier de l’irrigation.

 

Nous montons jusqu’aux sources venant de la nappe phréatique, où un bassin d’eau tiède se prête à la baignade. Mohamed, en grimpant sur un palmier, fait une photo de l’intérieur du bâtiment où les canaux commencent leur office de partage.

 

Nous pénétrons dans un autre ksar (j’ai oublié les noms) où une tour de garde surveillait les passages pendant les conflits pour l’eau. L’association où travaille Mohamed a conçu un parc pédagogique autour du « château » défensif et des sources.

Un minaret octogonal très ancien a été superbement restauré.

 

Les ksars, constitués de ruelles, possédaient des places pour les rencontres, les marchés, bordées de bancs de pierre pour le repos.

 

A la porte des mosquées, on pouvait symboliquement procéder à des ablutions en touchant la pierre noire en l’absence d’eau.

Cette visite précise et sans hâte avec Mohamed a duré plus de 4 heures et nous a vraiment enthousiasmés.

 

Mercredi 7janvier

 

Il fait bien beau ce matin à Figuig ! Mohamed repasse voir si tout va bien ! Je fais connaissance autour d’un café de Françoise et Yves de Guérande qui reviennent d’Ich qui les a enthousiasmés. C’est décidé, j’y vais !

 

C’est à environ 150 km, d’abord 75 km en direction de Bouarfa (Figuig est une impasse) et ensuite 75 km vers l’est par une route plus étroite mais asphaltée qui traverse de superbes paysages de montagnes colorées. Ce chemin n’est pas monotone, les lacets, les montées et descentes, les oueds (à sec pour la plupart), les tentes de nomades, les troupeaux…

Ich est l’oasis la plus à l’est et la plus au nord du Maroc. Depuis le village, on aperçoit un bâtiment algérien ! L’armée marocaine veille ! Je me gare sur une petite place, juste derrière une maison, à l’abri de trop de vent j’espère car il est glacial.

Comme par miracle, Mohamed (!) le guide arrive juste après le militaire venu photographier mon passeport. Je finis de déjeuner et on fait la visite.

C’est tout petit ici par rapport à Figuig. Le ksar est en ruine (en raison des inondations de 2008), il n’y reste plus que 2 ou 3 familles. Les autres ont été relogées dans des maisons neuves du « nouveau » village par la grâce du roi. La construction est la même qu’à Figuig, mais plus modeste. Un petit musée du patrimoine a été créé (il demande à être un peu plus attrayant). Mohamed me montre un panier rond tressé si serré qu’il en est imperméable et sert à la traite des animaux !

 

On descend jusqu’à l’oued qui a un peu d’eau. La palmeraie semble vraiment abandonnée et le système d’irrigation paraît bien sec. Mohamed me donne des légumes qu’il cueille dans le jardin potager de son père ! On monte de l’autre côté de l’oued pour les vues générales sur le ksar et le nouveau village.

 

Un peu plus tard, Mohamed m’emmène voir des peintures rupestres en dehors du village. Il s’agit d’une grande pierre plate sur laquelle on distingue des formes qui ressemblent à des animaux, mais seraient peut-être un texte en écriture berbère antique, va savoir !

 

Le vent est glacial, il va geler, je rentre dans le fourgon et mets le chauffage.

 

Jeudi 8 janvier

 

La nuit a été froide, mais j’ai très bien dormi sans grelotter ! Il fait 3 degrés dans le fourgon ! Le temps est gris et nuageux.

Vers 9h30, je quitte Ich et reprend la même route en sens inverse. Le paysage me paraît encore plus beau que la veille malgré la grisaille.

Au milieu des cailloux, un troupeau de vaches cherche pâture ! Etonnant des vaches dans le désert, elles mangent moins que les nôtres, mais elles sont nettement plus libres !

Je prends un jeune militaire en auto-stop jusqu’à Bouarfa, il ne parle pas français donc on écoute de la musique. Le paysage de montagnes est vraiment très beau.

Je retrouve la Nationale 4 jusqu’à Bouarfa, le jeune homme descend et je continue sur la Nationale 17. Le désert ici est « fertilisé », des exploitations agricoles apparaissent de chaque côté. Tout d’abord, on construit 2 petits murs avec un portail. La deuxième étape peut demander un certain délai puisqu’il faut avoir accès à l’eau : de « jolies bassines » fleurissent dans leur habillage de plastique et ensuite les plantations de palmiers, oliviers ou autres cultures peuvent commencer et on ferme le tout par une clôture.

Le paysage est plat mais surgissent ici et là des collines, les oueds sont à sec.

J’arrive à Boudnib vers 14h et m’offre le luxe d’un camping pour faire la lessive. J’y retrouve les voyageurs rencontrés à Figuig.

 

 

 

 

 

Vendredi 9 janvier

Balade en ville jusqu’au souk.

Repos, papotage.

Le soir, thé au coin du feu.

Samedi 10 janvier

Je reprends la route à travers le désert fertilisé jusqu’à Errachidia, grande ville, où je cherche un carrossier mentionné sur le forum CCOMAROC, sans succès.

Courses au supermarché Marjane.

Je passe Meski et la source bleue (j’y ai séjourné en 2017).

Arrêt déjeuner sur le vaste parking du tente bergère café/restaurant, qui domine le village de Aïssa (??) caché au fond d’un canyon. Très impressionnant !

Un peu plus loin, je traverse le village d’Aoufouss et ensuite je traverse la rivière Ziz pour arriver à « l’auberge des anges » tenue par Marie et Hamid, devant laquelle je rencontre Isa et Hervé de Blois. Nous sympathisons très vite.

 

Quand Maris, Hamid et deux voyageurs (Pascale et Jean-Claude) reviennent de leur longue balade, on boit un thé de bienvenue sur la terrasse.

 

L’endroit est vraiment très bien aménagé : auberge, terrasses, chambres disséminées dans le jardin.

Nos hôtes sont super gentils et nous offrent, le soir, la soupe marocaine de bienvenue, préparée par Hamid. Bons papotages.

 

Dimanche 11 janvier

Isa, Hervé et moi allons avec Marie au souk d’Aoufouss. Elle y est très connue et appréciée de tous. Cette française, bien intégrée, parle le berbère. On rencontre Gigi, un berger du Diois qui passe sa retraite ici.

 

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Les femmes berbères portent de grands voiles noirs qu'elles brodent aux couleurs et aux motifs de leurs tribus.

Les légumes sont beaux et appétissants. J’achète des petits pois, locaux et de saison !!

 

 

Après-midi tranquille à papoter.

Le soir Hamid a préparé un délicieux tajine poulet/citron confit et nous nous régalons tous les 7 dans le petit salon où le feu pétille dans la cheminée.

Belle et bonne soirée.

Lundi 12 janvier

Pascale et Jean-Claude nous quittent pour Merzouga et, à 14h, nous partons avec Hamid visiter la palmeraie et le vieux ksar.

De nombreuses parcelles sont abandonnées et les arbres ont souffert des années de sécheresse, mais de nombreux petits groupes s’occupent à gauler les olives, dont la récolte est bonne cette année.

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Un moulin à huile actionné par une mule va pouvoir reprendre du service

 

Le vieux ksar est en ruine, sauf la très belle porte, restaurée, mais nous y rencontrons une sympathique jeune femme qui y vit avec sa famille.

La vue est très belle de cette position dominante.

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Soirée calme. Ces deux jours passés chez Marie et Hamid ont été riches de découvertes et de rencontres. La chaleureuse hospitalité de ces deux personnes très sympathiques est un cadeau du voyage.

 

Demain, départ vers les oasis du sud et d’abord Merzouga et l’erg Chebbi...

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