VERSLE GRAND SUD
Dimanche 15 février
Le Maroc change d’heure pour le ramadan !
Je rejoins la RN12 et m’arrête à Bouizakarne pour faire quelques achats de fruits et légumes.
Déjeuner sur une « aire de repos » !
A Guelmin, la rocade offre une image peu flatteuse de la ville : habitat dégradé et terrains vagues/dépotoirs.
Le supermarché Marjane est bien achalandé, j’y achète épices, fruits secs, dattes, biscottes. Le parking est une vrai aire de camping-cars ! Clin d’oeil pour toutes les nuits passées sur les parkings de Wallmart aux Etat-Unis !
Lundi 16 février
Un long parcours d’une vingtaine de kilomètres pour arriver dans la palmeraie de Tighmert, au camping « orée du désert », chez Ali. Un couple belge, Violette et Yves l’ont aidé depuis des années et le soutiennent toujours 6 mois par an à aménager et gérer ce petit endroit très sympathique.
Je déjeune avec 3 autres campeurs d’un couscous à la viande de dromadaire ! Ce n’est pas fort en goût.
L’après-midi, grande balade dans la palmeraie qui est immense et recèle beaucoup de kasbahs en pisé et en ruine, hélas ! Quel dommage ! Les maisons en parpaing (une hérésie au regard des températures) les remplacent.
Soirée autour du feu de camp.
Mardi 17 février
Les plans d’activités : marche jusqu’au barrage, excursion aux sources chaudes, sont tombés à l’eau…
Je vaque vaguement, lit, papote et fais une tajine légumes/pruneaux. Vers 16h30, nouvelle tentative pour aller à la Kasbah/caravansérail/musée. Mais c’est beaucoup trop loin et je dois renoncer.
Dîner pizza/thon avec deux couples belges. Feu de camp sous les étoiles.
Mercredi 18 février
Préparatifs de départ. Je décide d’aller à la source chaude en fourgon. Yves me précède en quad pour me mettre sur la bonne piste. Au début, ce n’est pas trop dur, mais après le passage de l’oued (à sec), ça se corse ! Le sol est très sec et dur, mais les dernières pluies ont creusé des trous profonds, de longues rigoles … il faut vraiment négocier à 10/15 km/h ! Ca secoue dans tous les sens et gare au porte à faux ! J’y arrive quand même sans casse.
Il y a un petit bassin d’eau marron où trempent 4 allemands et 3 petites filles du camping « Ali ». L’eau est à 38 degrés. C’est un endroit prisé par les hippies baba cool.
N’ayant pas l’intention de me plonger dans la source, je ne m’attarde pas trop. Au retour, la piste semble plus facile. Je croise un troupeau de dromadaires.
De retour à Tighmert, je vais visiter la kasbah caravansérail où Habib m’accueille. Dans cette demeure en pisé vieille de 300 ans la température est délicieuse. Dans la cour intérieure, une tente touareg est plantée pour prendre le thé.
La kasba est une caverne d’Ali Baba remplie d’objets usuels pour l’agriculture, les dromadaires, les ânes, la vie sous la tente. On y voit même la vieille djellaba en laine de dromadaire du père d’Habib. Mon hôte m’explique tout et me montre de vieilles photos. Très intéressant !
Retour à Guelmin vers 16h30, les magasins ouvrent doucement. Je cherche sans succès une petite échoppe qui vendrait de l’alcool…
Retour sur le parking du Marjane où un couple me raconte leur rencontre avec une nuée de sauterelles au sud de Laayoune ! Leur véhicule est tout sanglant !
En cette veille de ramadan, il règne une ambiance joyeuse dans le magasin, où, chose n’est pas coutume, des couples flânent !
Jeudi 19 février
Le pompiste confirme que le ramadan est bien commencé !
Le grand souk de Guelmin est sans activité, alors je prends la RN 12 plein sud. C’est une 4 voies royale qui traverse le désert (par endroits couvert de petites fleurs mauves) et ses collines. On y voit principalement des camions et des camping-cars.
140 km plus loin, j’arrive à El Quatia (Tan Tan plage). L’océan est dans la grisaille (contrairement au désert). Je déjeune face à la plage et aux îles Canaries … très au large ! Balade sur la plage.
Après Tan Tan, la route suit la mer. J’aime ces longues routes vides dans des paysages qui ne le sont pas moins. Je me crois dans une autre dimension !
Après Tan Tan, la route suit la mer. J’aime ces longues routes vides dans des paysages qui ne le sont pas moins. Je me crois dans une autre dimension !
Arrivée à Naïla, 140km de Tan Tan, une lagune qui accueille des oiseaux migrateurs ailés … et motorisés !
De la falaise ont voit de l’autre côté de l’eau des dunes et puis l’océan. Entre les berges, des zones de végétation découvertes à marée basse, accueillent des oiseaux que je distingue à la jumelle : grues, huitriers, énormes cormorans. Quand le soleil la révèle, une colonie de flamands roses apparaît entre deux bandes de sable. Le vent souffle et les nuages se dispersent peu à peu.
Le soir, une toute petite lune apparaît dans le ciel.
Vendredi 20 février
Le ciel est gris clair ce matin, le vent s’est calmé.
Observation des oiseaux à la jumelle et d’une barque dont l’équipage semble occupé à relever les filets. J’achète une petite lotte, que le pécheur prépare heureusement ! A la cuisine : oignon et tomates l’accompagneront dans la cocotte !
L’après-midi, belle balade le long de la falaise où un chemin a été aménagé bordé de galets et muni de fauteuils et tables de pierre. Un très modeste camp militaire garde les lieux. A marée haute, le paysage est très différent, toutes les langues de terre ont disparu.
Dans ce désert de pierres, de courageuses petites plantes fleuries résistent.
Samedi 21février
Deux couleurs ce matin : gris pour le ciel et l’eau, beige ocré pour le désert et les dunes.
La belle route 4 voies est dans la grisaille, avec même des bancs de brouillard jusqu’à Tan Tan. Ensuite grand soleil et chaleur (on passe de 13 à 31 degrés!).
Entre Guelmin et Sidi Ifni, la petite route tournicote entre des collines vertes couvertes d’arbres ! Miraculeux ! La culture des figues de barbarie est en pleine expansion, on en tire de l’huile cosmétique (anti-rides).
A Sidi Ifni, les vagues rugissent et se jettent furieusement sur les galets.
Ce fut, jusqu’en 1969, une ville espagnole, preuve en est l’ancienne cathédrale (qui a des airs de mosquée). Le phare bleu et blanc est très joli.
Le souk s’étend à la sortie de la ville sur un grand terrain, lui est bien marocain ! Il est déjà plus de 18 heures et beaucoup de magasins ferment juste avant la rupture du jeûne.
Dimanche 22 février
Après Sidi Ifni, qui me plaît bien, j’ai l’intention de m’arrêter à Mirleft, un peu plus au nord, mis en la traversant je ne lui trouve rien qui me retienne, alors je continue … Au lieu de suivre la côte, je prends une route de type montagne intérieure et traverse des paysages verdoyants, des collines, des hameaux endormis.
Puis une 4 voies m’emmène à Aflou. Au nord de la ville, arrêt sur un parking de plage, un peu saturé de camping-cars, pour déjeuner.
Je décide d’aller à Souss Massa. Au lieu de reprendre la 4 voies, je prends une petite route sur 30 km qui va en se dégradant jusqu’à Massa. Ville toute en longueur, à la sortie des serres en plastiques apparaissent.
Au bord de l’océan, à Sidi R’Bat, une grande auberge offre un parking dominant les flots aux camping cars. Je rencontre Lahcen, guide du parc, et convenons d’une balade de 2 heures pour le lendemain matin.
Balade sur la falaise.
Lundi 23 février
Le parc de Souss Massa est immense, la partie que je vais voir est une zone humide accueillant des migrateurs et des oiseaux endémiques, dans l’embouchure de l’oued Massa.
Lahcen va me montrer beaucoup d’espèces : les ibis à tête chauve (qu’on ne voit qu’au Maroc), des milans noirs, des spatules blanches (dont j’ai déjà vu des vols en formation à Naïla) magnifiques à la ligne superbe en vol, des canards tadornes, des fauvettes, des grues, des hérons, des flamants roses (ce sont les adultes, les jeunes sont blancs) et beaucoup d’autres dont j’ai déjà oublié les noms,. L’observation se fait à la jumelle.
Je passe 2 heures et demi de plaisir !
Il fait très chaud aujourd’hui, 30 degrés !
Je prends la route vers Agadir. C’est éprouvant, le bruit et la fureur! Quel changement brutal !
Je me rends dans un quartier moderne et luxueux de la ville, près de la plage. Ce n’est plus du tout le Maroc que je parcours depuis 52 jours. Je me gare dans une petite rue qui paraît tranquille. Balade sur la plage dont le sable est fin et très doux.
Mardi 24 février
Nuit plutôt calme dans cette petite rue ! Première chose à faire : aller à l’Uniprix qui vend bière et alcool ! Petite provision faite, j’ai une grande envie d’art pictural, je cours vers le Musée d’Art Moderne … comble de malheur, c’est fermé le mardi ! Tout près, se trouvera le grand nouveau théâtre à l’architecture remarquable.
Pas plus de chance avec le centre des artisans et le marché municipal, tous deux en construction !
Il me coûte de retourner vers le sud d’Agadir dans la circulation effrénée, mais la Medina s’y trouve et je veux la visiter.
Cela vaut le détour ! Coco Polizzi (marocain de famille sicilienne) a imaginé la construction d’une medina concentrant toutes les compétences des artisans, un condensé des architectures rencontrées dans l’arrière pays. C’est très joli, bien léché , agréables à parcourir et les ruelles sont fraîches. Un très bon moment.
J’assouvis mon désir de peintures avec celles exposées au 1er étage !
Je refais le parcours en sens inverse et continue vers le Nord le long de l’océan. A une trentaine de kilomètres, Argoud, le village tout en couleurs, domine une grande plage. C’est étonnant et très joli ! Les couleurs sont éclatantes et rien n’est laissé sans décoration dans les petites ruelles.
J’aime beaucoup le pisé, mais la plupart des maisons sont dorénavant en parpaing, le plus souvent brut, non achevées et désolantes ! Voici un contre exemple bienvenu !