La Grèce centrale et la Thessalie

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Jeudi 20mars

La traversée d’Athènes me paraît moins pénible que mardi matin et je fais route vers le nord. Quand, enfin, on retrouve la campagne c’est pour distinguer des zones incendiées. Ensuite, c’est une vraie route de montagne, plutôt bonne, avec des piquets à neige ! C’est très joli.

Tout à coup, on descend vers une grande plaine où l’on retrouve des cultures.

Le Mont Parnasse apparaît, tout enneigé ! Après Thiva, Leivadeia c’est de nouveau la montagne sur la route de Delphes. Descente en épingle à cheveux vers le village d’Aspra Spitia, dans une baie. Il y en a une autre, juste derrière un bras de terre, que l’on aperçoit d’en haut. C’est très beau.

Tout à coup, on descend vers une grande plaine où l’on retrouve des cultures.

Le Mont Parnasse apparaît, tout enneigé ! Après Thiva, Leivadeia c’est de nouveau la montagne sur la route de Delphes. Descente en épingle à cheveux vers le village d’Aspra Spitia, dans une baie. Il y en a une autre, juste derrière un bras de terre, que l’on aperçoit d’en haut. C’est très beau.

Balade le long de l’étroite plage de galets sur une promenade aménagée. Dans le village, il y a tout plein de petites maisons blanches identiques aux volets bleus … une cité ouvrière ? C’est très calme, beaucoup de terrains de sport, un supermarché.

Je bivouaque sur un petit terre-plein au bout de la plage. Au loin à gauche, de grands bâtiments éclairés, tout au bord de l’eau et qui fument … (j’apprends le lendemain qu’il s’agit d’une usine d’aluminium à qui l’on doit sans doute les dizaines de petites maisons et l’aménagement du village).

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Vendredi 21 mars

Après une nuit très calme et par un beau soleil matinal, je reprends la même route en lacets jusqu’à Distomo et tourne à droite pour aller au monastère d’Ossios Loukas.

Il domine une vallée cernée de montagnes. Des incendies ont ravagé les pentes et même touché un arbre sur la terrasse du monastère !

 

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Ce monastère est né en 946, Luc le Stiriote, s’établit dans ce lieu et fonda une petite église dédiée à Sainte Barbara. A sa mort, des moines s’y installèrent. Au fil du temps, le monastère s’est considérablement agrandi.

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Deux églises côte à côte, la petite, La Panagia, consacrée à Marie, date du Xè.

 

La plus grande, Ossios Loukas, date des premières années du XIè. Elle est très richement décorée, fresques du XVIè.

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Dans la crypte, de très belles fresques, moins restaurées.

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La galerie nord présente une histoire du monastère et la cellule de Loukas (?).

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Le musée, installé dans le réfectoire des moines, donne à admirer de fort belles pièces découvertes dans les environs.

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Il ne reste que 4 moines (j’en vois 2). J’achète du vin et des olives du monastère et bois un fort bon café sur la terrasse.

Il est midi, je décide d’aller à Delphes, ce doit être ouvert jusqu’à 15h30. La route est belle et s’élève dans les montagnes dominées par le Mont Parnasse. Le gros village d’Arachova, où la circulation n’est pas aisée – j’admire les chauffeurs de cars – est entièrement consacré au ski !

 

10 km plus loin, agrippé à flanc de montagne, apparaît le site de Delphes. Jusqu’au 19è, le village occupait l’antique cité recouverte de remblais. Pour les fouilles, il fut reconstruit un peu plus loin. Pas de réel parking, on se gare comme on peut le long de la route.

Passage d’abord au musée. Il y a de magnifiques statues, morceaux de frise et objets. Antinous est mon préféré avec son visage d’ange. Il fut trouvé intact en 1897.

La stature en bronze de l’aurige a également été retrouvée totalement préservée, recouverte de remblais dus au séisme de 373 avant J.-C. !

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Le site est à flanc de montagne, en étages : le trésor des Athéniens (petit temple bien remis en place), le temple d’Apollon et en haut le théâtre.

Il y a foule, surtout des groupes compacts de jeunes.

La voie sacrée partait de l’Agora, son parcours était jalonné de « trésors », ouvrages d’art édifiés par les différentes cités-état de la Grèce antique.

L’oracle se manifestait dans le temple d’Apollon, par l’intermédiaire de la « Pythie ». C’était de jeunes paysannes vierges qui entraient en transe et proféraient des prophéties ambigües que les prêtres étaient chargés de décoder.

Le théâtre, tout en haut (ou presque, je n’ai pas eu le courage d’aller jusqu’au stade) date du Ivè avant JC. Il a subi des réaménagements à l’époque romaine. 5000 spectateurs pouvaient s’y asseoir.

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Le gymnase et le sanctuaire d’Athena Pronais (de l’autre côté de la route) sont fermés.

Je n’ai pas apprécié ce site autant qu’il le mérite à cause de la « foule », pourtant certainement modeste comparée à ce qu’elle doit être l’été !

Ensuite, je fais route vers le bas et le port de Delphes, Itea, pour me poser dans le très charmant village de Galaxidi.

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Samedi 22 mars

Nuit fort calme. Je quitte avec quelques difficultés Galaxidi et me dirige vers le nord, Itea, Amfissa et la montagne. C’est très beau et sauvage. Peu ou pas de village, des stations de ski.

Descente vers la plaine et Lamia bâtie en étages sur une colline. Je me rends aux Thermophyles. Sur un très vaste espace, pas loin de l’autoroute, coule une petite rivière d’eau chaude soufrée dissimulée par des herbes et des buissons.

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Là, des camping-caristes de tous poils établissent leur bivouac.

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Je me baigne avec grand plaisir. C’est agréable, bien chaud, avec beaucoup de courant, ça sent le soufre, mais ça ne me dérange pas. En revanche, les pierres, recouvertes d’algues mousseuses, sont très glissantes.

Farniente et lecture …

 

Dimanche 23 mars

Les Thermopyles sont le lieu où, en 480 avant J.-C., 300 Spartiates et 700 Thespiens se sont fait massacrer par des milliers de Perses. Je me rends sur les lieux de cette bataille mémorable et devant le monument avec la statue de Leonidas. Hélas, le centre d’information est fermé.

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Traversée de Lamia, où je trouve une petite épicerie ouverte pour faire de modestes provisions. Après, on traverse des montagnes sauvages sans culture. Dès qu’on aborde la descente, le paysage change radicalement, c’est la plaine de Thessalie. Une route toute droite, plate, de 50 km, bordée d’usines désaffectées, de villages sinistrés, de bidonvilles offre un paysage désespérant.

On évite les traversées de Karditsa et de Trikala et on atteint, avec joie, les Météores !

Ouf ! Kalambaka semble une petite ville animée et le petit village de Kastraki, aux pieds des météores, semble « authentique ».

Le guide du routard étant si enthousiaste au sujet du camping Vrachos que je ne peux éviter d’y aller ! En tout cas, il est parfait pour les campeurs et le wifi est excellent !

Déjeuner tardif, lecture, toujours des questions quant à la suite du voyage…

 

Lundi 24 mars

Devant le camping, s’arrête un car de ligne qui emmène au plus grand monastère des météores.

Cette formation géologique, très curieuse, est constituée des restes d’une masse rocheuse qui commandait, il y a 60 millions d’années, l’embouchure d’un grand fleuve qui se jetait dans le mer de Thessalie … Erosion, séismes ont disloqué les rochers, le temps et l’eau ont agi et voilà le résultat, d’étranges pitons « suspendus dans le ciel ».

Les moines ont commencé à y habiter au XIè, mais l’apogée des monastères est le XVIè. Il y en eut 24, il en reste six en activité.

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Pour entrer dans le grand monastère de la Transfiguration, il faut d’abord descendre des marches, puis remonter ! Les dames en pantalon ne sont acceptées qu’à condition de nouer autour de leur taille une sorte de paréo ! Pas de photo à l’intérieur de l’église et du musée.

Le narthex de l’église est couvert de fresques du XVIè « le supplice des saints ». Il y en a pléthore ! Un vrai massacre ! L’intérieur est assez vaste – pour une église orthodoxe – et magnifiquement décoré.

On visite les ateliers et l’ancienne cuisine au feu ouvert.

Le musée est plein de trésors. Notamment des crucifix d’autel, creusés et sculptés magnifiquement à la loupe !

Du « mégalo »monastère, on a une vue imprenable sur celui de Varlaam.

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Par la route, on descend un peu vers ce deuxième monastère qu’on atteint par des escaliers, d’abord en descente puis en montée. Re-paréo et pas de photos intérieures.

On peut voir un petit film sur la vie des moines en 1924. Le musée est aussi superbe.

Il y a de plus en plus de monde.

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Je redescends à pied vers Kastraki par un sentier empierré qui passe entre les météores. On n’entend que les oiseaux. Les monastères sont juste au-dessus ! Superbe !

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Après un déjeuner tardif, je vais à pied à Kalambata pour aller à la banque et faire de petites courses. Demain c’est la fête nationale en commémoration du 25 mars 1821 qui libéra la Grèce de l’occupant turc.

Il y a eu pluie et vent de sable du Sahara la nuit dernière et les panneaux solaires méritent un bon nettoyage !

 

Mardi 25 mars

Comme je n’arrive pas à décider quoi faire et que la nuit ne m’a pas porté conseil, je tire à pile ou face : suite vers la Bulgarie ou retour ? C’est le retour qui a gagné …

Je réserve illico une place dans un ferry Igoumenista/Ancona pour dimanche.

Mise à jour du blog avec l’article sur Athènes et préparation du prochain et dernier. Il fait gris et frisquet.

Balade dans la partie ancienne de Kastraki dans son nid au creux des météore

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Mercredi 25 mars

Temps gris et plutôt froid. Re-nettoyage des panneaux solaires, services et départ à 10h07 ! Après des courses à Kalambaka, je file vers l’ouest par une route de montagne assez large au revêtement moyen, qui zigzague et monte. Le paysage est très sauvage, un seul mini village en 40km ! Plus haut, la route que le GPS m’indique est barrée et me voilà obligée de prendre l’autoroute. Quelle chance ! Pour 3€45, je vais passer dans une quinzaine de tunnels, dont certains de plusieurs kilomètres ! J’imagine la petite route qui doit franchir tous ces obstacles !

Arrêt à Ioannina « Yanina » est une grande ville universitaire au bord d’un grand lac. D’abord la lessive dans une laverie où le sèche linge est efficace !

Déjeuner tardif au bord du lac et aux pieds du kastro et de la vieille ville où je me balade.

 

Il y a deux mosquées, des musées, des ruines de tours à l’intérieur des remparts. Ali Pacha, le dignitaire ottoman gouverneur de cette partie de la Grèce, a été privé de sa tête en 1822, sur l’île au milieu du lac et est enterré devant la mosquée Fétiyé, qui fut d’abord une église byzantine au temps des francs.

Retour au camping-car par la promenade au bord du lac.

 

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Jeudi 27 mars

Nuit calme après 23h et pluie ce matin. Départ pour le parc Zagoria, qui veut dire « au-delà des montagnes », c’est dire, que ça grimpe !

Le village de Monodentri s’accroche à la montagne. Je le traverse et vais plus haut vers les gorges de Vikos sous la pluie. Du parking on ne voit rien que les arbres et le sentier empierré qui mène aux »vues » est super glissant. Je renonce, prudence est mère de sûreté ! Il n’y a personne dans ce coin.

Retour à Monodentri où je trouve un petit recoin pas trop en pente pour me garer. Après déjeuner, miracle, la pluie s’arrête !

Je veux absolument voir le monastère d’Agia Paraski. Un sentier empierré pas du tout glissant y mène. Hélas, l’entrée est barrée, chute de blocs de pierre ! Un couple grec en sort, me conseille d’y aller et m’aide à franchir la barrière en la contournant par la pente à pic ! Ils me conseillent de refaire le chemin inverse en compagnie d’un jeune couple qui se trouve dans le monastère ! Efkaristo poly !

Ce lieu est littéralement accroché à flanc de canyon. C’est minuscule et inhabité. L’église est microscopique ! On passe une porte et une coursive mène à un balcon offrant une vue spectaculaire ! Le canyon de Vikos à des pentes de 950 mètres !

C’est vertigineux. La rivière coule tout en bas et se fait entendre. Ce lieu est vraiment extraordinaire. Sortie avec le jeune couple très sympa également ! Ils viennent de Serres, près de la frontière bulgare.

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Ensuite, je fais des kilomètres de petites routes de montagne pour arriver à Ariski où la circulation est assez difficile (manque de revêtement, virages serrés, étroitesse). Il faut descendre tout au fond par une petite route en lacets pour trouver la rivière aux eaux turquoise Voidomatis qu’enjambe le petit pont à voie unique de Papigo. Avec le temps gris, la couleur de la rivière n’est pas aussi surprenante qu’avec le soleil.

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La route en lacets à flanc de falaise qui monte vers Papigo est très impressionnante ! Heureusement, je ne l’emprunte pas et remonte vers Ariski et vais retrouver la « grand route » pour rejoindre Ioannina. Ma place de la veille au bord du lac est disponible !

 

Vendredi 28 mars

Un trop bref rayon de soleil ce matin sur le lac …

Je vais visiter, sous la pluie, un dernier site archéologique à Dodone, à 21 km d’Ioannina.

C’est le plus ancien sanctuaire dédié à Zeus, mais l’oracle y était en activité dès l’âge de bronze. On y adorait la déesse mère, associée ensuite à Zeus sous le nom de Dioné. L’oracle était délivré en plein air sous un chêne sacré.

Le théâtre date du début du 3è siècle avant J.-C. Et c’est l’un des plus grands de Grèce (17000 spectateurs). Comme tous les théâtres grecs, il épouse le relief d’une colline. Il a été remanié à l’époque romaine pour y donner les jeux du cirque (construction d’un mur de protection du public, évacuation).

Sur le côté gauche du théâtre, s’étagent les gradins du stade.

Vestiges du Bouleuterion où siégeait le sénat et du Prytanée destiné aux sportifs. Tous les 4 ans, avaient lieu des « Naia » rencontres sportives et culturelles panhelléniques.

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Je prends l’autoroute A2 et ses nombreux tunnels, à travers des montagnes couvertes de forêts et pauvres en habitat.

De retour à Igoumenista, je devrais attendre dimanche pour faire le check in du ferry.

Je retrouve Plataria, mais sous de lourds nuages. Un peu de soleil fera une timide apparition en début d’après-midi, mais je rentrerai trempée de ma balade !

La pluie va tomber abondamment de vendredi 17h à 10h le lendemain matin pour une brève accalmie d’une heure! Je vais rester à Plataria pour la mise à jour du blog.

 

Ces deux mois en Grèce ont été bien remplis et ont comblé mes désirs en matière d’histoire et de paysages. Les grecs sont des gens sympathiques et accueillants et tous parlent anglais, ce qui facilite drôlement la vie ! Le temps n’a pas été très beau, la période choisie sans doute trop précoce, en revanche, la visite des sites était tellement agréable sans la foule.

 

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